Reiki et animaux en refuge

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Ayant été pendant une période bénévole en refuge animalier, j’aimerais évoquer brièvement cette expérience plus personnelle, car elle met en évidence le fossé qui sépare une vision théorique des soins énergétiques pour l’animal, et ce qui se passe « sur le terrain » dans des conditions souvent plus que défavorables. J’allais dans ce refuge promener des chiens, et tenter de travailler mes techniques de Reiki et de communication intuitive.

On peut se rendre utile dans beaucoup d’asiles animaliers sans forcément donner de l’argent. Tous les talents sont bienvenus, des bricoleurs qui peuvent aménager des enclos et des barrières, aux administratifs chargés d’aider au courrier et aux comptes, en passant par les marcheurs charger d’aérer les « pensionnaires » en leur garantissant un peu d’exercice chaque jour, et par les « toiletteurs » qui ne se contentent pas de démêler des pelages hirsutes, mais apprivoisent au quotidien par le contact physique des animaux qui peuvent avoir perdu toute confiance en l’espèce humaine à force de négligence ou de mauvais traitements. Le personnel des refuges est souvent débordé par les afflux d’animaux, les situations d’urgence, les coups de téléphone incessants, et toutes les bonnes volontés sont appréciées.

Pour bon nombre de personnes, un refuge est un endroit terrible car il est l’exact reflet de ce que la race humaine peut engendrer comme souffrance envers les animaux de compagnie, le miroir implacable de la couardise, de la bêtise, et du manque de respect des humains envers la vie. Paradoxalement, les employés de ces refuges, qui sont presque tous des amoureux des animaux au plus profond d’eux-mêmes, sont ceux qui sont chargés aussi d’affronter les pires situations de détresse animalière. Ils essayent de prendre soin de ces animaux déchets et rebus d’une société de consommation qui ne leur reconnaît même pas encore le statut d’être sensible. Ces employés qui désirent plus que tout sauver ces animaux sont aussi ceux qui doivent souvent mettre un terme prématuré à leurs vies, par manque de place dans ces refuges, manque de moyens, manque d’aide extérieure. L’euthanasie est malheureusement souvent un des rares moments de douceur et de dignité prodigués par des humains que ces animaux connaîtront. Quelle ironie…

Alors par soi-disant empathie pour les animaux nous fuyons ces endroits, car la souffrance physique et émotionnelle y est très prenante : ce terrible besoin d’amour se lit aussi bien dans le regard d’un chat prostré et craintif qui ose à peine lever le bout du museau pour saluer un visiteur, que dans les aboiements rageurs d’un chien plus vigoureux qui ne demande qu’à faire la fête à un nouveau compagnon humain. Cette souffrance peut être trop forte à gérer pour certains. Mais que valons-nous alors si nous refusons de voir la réalité en face, si nous refusons d’accepter notre responsabilité individuelle et collective ? En laissant ces refuges en marge de nos pensées et de nos actions, nous ne valons pas mieux que tous ceux qui contribuent à les remplir.
Que pouvons-nous faire face à ces regards qui ne sont même pas accusateurs ni rancuniers derrière les barreaux de ces cages ? Il y a des moyens concrets, le don d’argent, le bénévolat pour pourvoir aux besoins physiques et affectifs des animaux, mais si une partie des techniques de la médecine vétérinaire holistique pouvait pénétrer ces refuges, beaucoup plus pourrait y être accompli.


Des souvenirs précis de certains pensionnaires sont encore très présents dans mon esprit. Il y a Ourga, cette chienne de douze ans, dont le personnel du refuge sait qu’elle ne sera plus adoptée : trop vieille, un physique ne correspondant à aucune mode canine en vogue, un caractère à la limite de l’agressivité tant les épreuves rencontrées dans sa vie l’ont éprouvée. Ce refuge refusant de pratiquer l’euthanasie, Ourga va y passer les derniers mois ou années qui lui restent à vivre. Il y a l’enfermement continuel dans les cages qu’on essaie de rendre les plus spacieuses possibles, mais il y a aussi ces moments de complicité et d’affection avec le personnel. Quand elle sort de sa cage, elle semble toujours hésiter entre la joie physique de pouvoir se mouvoir plus librement, et l’instinct de méfiance qui la pousse à mettre à distance tout humain non familier venu la promener.

Il y a Shiva, une femelle de race rotweiller, de caractère très doux ; elle a eu la « chance » de ne pas être dressée à l’attaque comme le sont bien des chiens de cette catégorie. On s’étonne des accidents fréquents qui renforcent la mauvaise réputation de ces chiens dits « de défense », mais on oublie de mentionner leurs conditions d’élevage répugnantes, la violence physique qu’on leur fait subir dès leur plus jeune âge pour les pousser à développer une agressivité qui n’est que de l’instinct de survie dévoyé. Cette chance de ne pas avoir été dressée à l’attaque lui a peut-être permis d’éviter une euthanasie ordonnée par les autorités, mais Shiva se retrouve elle aussi derrière des barreaux. L’adoption de ces animaux est encore plus problématique car les adoptants doivent avoir le temps et les conditions matérielles requises pour permettre à ces grands chiens de dépenser sainement leur énergie physique afin qu’elle ne se retourne pas contre eux-mêmes. Les refuges se méfient aussi d’adoptants potentiels qui sont en fait aussi des trafiquants d’animaux, prêts à re-dresser les animaux à la violence pour les réintroduire dans ce marché juteux des animaux de défense. Or si un passage par un refuge est déjà traumatisant pour un animal, chaque retour dans ce même refuge pour cause d’adoption ratée influe sur son caractère de manière négative, sur sa confiance dans le genre humain, et diminue de façon exponentielle ses chances d’adoption. Shiva pèse plus de la moitié de mon poids, et même en ne jouissant pas de toute la liberté physique dont elle aurait besoin pour s’épanouir pleinement, elle reste d’une puissance impressionnante. Le responsable du refuge qui me tend sa laisse pour la première fois me demande si je veux lui faire porter un collier à clou pour notre première promenade ; n’étant pas en faveur de ce genre de méthodes, je refuse. Shiva pendant deux ou trois secondes me dévisage de la tête au pied, semble jauger mes capacités physiques et en sourire à plein museau. L’instant suivant, je me vois comme dans un de ces vieux dessins animés classiques partir à l’horizontale, comme en ski nautique, derrière elle qui s’est élancée vers la sortie du refuge sans autre préambule. J’ai juste le temps d’entrevoir le regard à la fois sceptique et presque amusé du responsable qui me l’a confiée. Voilà une belle leçon d’humour et d’humilité pour vite remettre à sa place mon ego plein de hautes aspirations à de grandes pratiques énergétiques.

En général, les chiens sont si heureux de leur sortie qu’ils passent le premier quart d’heure de la promenade dans un univers fait de sensations physiques. Les animaux vivent dans l’instant présent, et ces chiens jouissent de ces moments de liberté conditionnelle d’une manière très intense. Souvent je n’ai pas l’impression d’avoir une présence suffisante pour attirer leur attention pendant ces premières minutes. Il y a chez eux une avidité de profiter de la moindre brise de vent frais, de se rouler dans les premières touffes d’herbe verte, de courir le plus vite possible…c’est encore un enseignement pour moi, qui me rappelle une fois de plus de profiter du moment présent comme si c’était toujours le dernier. Dans ce refuge, on sent que les animaux sont bien traités, que leurs besoins physiques et émotionnels sont au mieux satisfaits, car une fois passés un certain temps de promenade, ils commencent généralement à tendre l’oreille pour écouter les bruits assourdis venant encore du refuge et à tendre leur museau dans cette direction. Quand nous passons les grilles du refuge sur le chemin du retour, la plupart font une véritable fête à l’employé qui va pourtant les remettre dans leur cage.

Au cours de nos promenades, ce n’est généralement qu’une fois physiquement calmés qu’un contact plus profond peut s’établir. Simple bénévole, je n’ai pas le droit ni les compétences pour proposer des méthodes alternatives vétérinaires, qui pourraient pourtant aider de nombreux pensionnaires, comme l’utilisation du « remède de secours » des fleurs du Dr Bach pour calmer les nouveaux arrivants très angoissés par les lieux. Cependant j’essaie régulièrement de magnétiser/donner du Reiki aux sujets qui me tirent en laisse, à mille lieux d’une pièce sereine et tranquille souvent recommandée comme condition d’une bonne séance de soins énergétiques. Je peux arriver à faire une courte pause de quelques minutes après une bonne marche afin de placer mes mains sur les chiens et leur faire passer de l’énergie, mais cela se passe régulièrement sous la pluie, dans des terrains vagues pas toujours propres en bordure d’autoroutes dans le vacarme du trafic routier (les refuges sont relégués dans des endroits géographiques où le bruit des animaux ne viendra pas déranger de voisins). Tous ces paramètres pourtant n’empêchent absolument pas des instants forts où je sens l’énergie circuler, à travers mes mains et leur pelage, à travers des images qui viennent de leur part et semblent contenir des souvenirs de leur vie avant le refuge, de personnes qui leur manquent. Cela n’est peut-être pas quantifiable, il faudrait des études pour démontrer la réalité de ces phénomènes, mais en fait peu importe ; je réalise dans ces moments toute l’immensité du pouvoir des soins énergétiques pour les animaux dans la profondeur des regards que je reçois en retour.

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